Paris, France, le 8 octobre 2026, 8h30 CET – GenSight Biologics (Euronext : SIGHT, ISIN : FR0013183985, éligible PEA-PME), société biopharmaceutique dédiée au développement et à la commercialisation de thérapies géniques innovantes pour le traitement des maladies neurodégénératives de la rétine et du système nerveux central, et l’Hôpital national des 15-20 à Paris, annoncent aujourd’hui la publication des résultats de l’essai PIONEER évaluant GS030 dans la prestigieuse revue médicale The New England Journal of Medicine (NEJM).
Publié dans le numéro du 8 octobre 2026 du NEJM, l’article présente les principaux résultats de sécurité de l’essai ainsi que les évaluations exploratoires de la fonction visuelle relatifs à GS030, candidat-médicament optogénétique de GenSight Biologics dans la rétinopathie pigmentaire (RP) au stade avancé. GS030 associe l’injection intravitréenne d’une thérapie génique fondée sur un vecteur AAV, qui permet l’expression de protéines photosensibles dans les cellules ganglionnaires rétiniennes intactes d’un œil, à des lunettes de stimulation lumineuse destinées à activer ces protéines photosensibles[1].
Quelques jours seulement après l’attribution du prix Nobel de physiologie ou médecine 2026 à Karl Deisseroth, Peter Hegemann et Georg Nagel pour leurs découvertes fondatrices sur les canaux ioniques sensibles à la lumière et l’optogénétique, cette publication dans le New England Journal of Medicine illustre le potentiel de traduction thérapeutique de cette approche scientifique majeure.
Dans le domaine de la vision, cette publication s’inscrit dans plus de vingt ans de travaux consacrés à la restauration de la vision par l’optogénétique, auxquels les Professeurs José-Alain Sahel et Botond Roska, cofondateurs de GenSight Biologics, ont apporté une contribution majeure, depuis les avancées scientifiques fondamentales jusqu’à leur traduction clinique. Leurs travaux dans le domaine de la vision et des neurosciences ont été distingués ces dernières années par plusieurs des plus prestigieuses récompenses internationales. Les équipes de l’Institut de la Vision et de GenSight Biologics ont joué un rôle essentiel dans le développement du programme, du laboratoire à l’essai clinique.
Les équipes de l’Hôpital national des 15-20, notamment au sein du CRMR RefeRet coordonné par la Professeure Isabelle Audo, ont pris part à l’évaluation clinique de cette approche, aux côtés de centres experts internationaux, parmi lesquels le UPMC Vision Institute, le Moorfields Eye Hospital à Londres et le Streetlab (www.streetlab-vision.com). Cette participation illustre la capacité de l’Hôpital national des 15-20 à contribuer à des premières internationales portant sur des approches thérapeutiques innovantes dans les maladies rétiniennes rares.
« Ces résultats constituent une étape importante dans le développement de l’optogénétique comme approche de restauration de la vision » a noté Pr José-Alain Sahel, fondateur et ancien directeur de l’Institut de la Vision et de l’Institut Hospitalo-Universitaire FOReSIGHT, professeur émérite d’ophtalmologie de classe exceptionnelle à Sorbonne Université, professeur distingué du département d’ophtalmologie de l’Université de Pittsburgh, directeur de l’Institut de la Vision de l’UPMC et titulaire de la chaire d’ophtalmologie de l’Eye and Ear Foundation. « Ils montrent qu’il est possible d’obtenir, chez des patients atteints de rétinopathie pigmentaire à un stade avancé, des réponses visuelles mesurables grâce à une approche permettant de contourner la perte des photorécepteurs. Ces résultats restent exploratoires et doivent être confirmés et approfondis, mais ils ouvrent une voie particulièrement intéressante pour des patients pour lesquels les options thérapeutiques sont aujourd’hui très limitées. »
Des résultats exploratoires encourageants dans une étude principalement consacrée à la sécurité
La plupart des événements indésirables oculaires ont été légers ou modérés ; le seul événement classé comme sévère s’est résolu en quelques minutes après instillation d’Iopidine. Aucun événement indésirable systémique n’a été jugé imputable au médicament expérimental ou à l’injection intravitréenne.
Bien que l’étude n’ait pas été conçue pour établir l’efficacité de GS030, les auteurs mettent en avant plusieurs résultats qui appellent des recherches complémentaires sur l’efficacité de GS030 :
- Chez six des dix participants, les évaluations exploratoires ont mis en évidence une amélioration cliniquement pertinente de la sensibilité à la lumière, mesurée par le test de seuil de stimulation en plein champ (Full-field Stimulus Threshold, FST).
- Quatre des huit participants ayant mené à terme les tests comportementaux visuels ont présenté une évolution favorable de leur capacité à accomplir certaines tâches lorsqu’ils portaient les lunettes de stimulation lumineuse : détecter, localiser ou toucher des objets, ou déterminer l’orientation de barres.
- Chez un sous-groupe de participants, des enregistrements exploratoires par électroencéphalographie (EEG) à haute densité ont montré des modifications compatibles avec la transmission au cortex visuel de signaux visuels évoqués par optogénétique, ce qui étaye l’interprétation selon laquelle les réponses comportementales observées traduisaient une modification du traitement visuel, et non un artefact.
« Pour les patients atteints de rétinopathie pigmentaire à un stade avancé, pour lesquels les possibilités thérapeutiques restent très limitées, une approche susceptible de restaurer une forme de perception visuelle constitue une perspective particulièrement importante » a déclaré Pr Isabelle Audo, coordinatrice du CRMR RefeRet de l’Hôpital national des 15-20, cheffe d’équipe dans le département de génétique et directrice adjointe de l’Institut de la Vision. « Cette étude montre aussi toute la valeur d’une recherche clinique menée au plus près des patients, en lien étroit avec les équipes de recherche et les acteurs de l’innovation, réunis au sein de l’IHU FOReSIGHT. »
À propos de la rétinopathie pigmentaire
La rétinopathie pigmentaire (RP) regroupe un ensemble de maladies rétiniennes héréditaires causées par des mutations touchant plus de 100 gènes différents. Ces mutations entraînent une dégénérescence des photorécepteurs, à l’origine d’une perte de vision qui débute généralement par une cécité nocturne et évolue de manière irréversible, conduisant de nombreux patients à la cécité légale dès le milieu de leur vie. La RP est la plus fréquente des maladies rétiniennes héréditaires : elle touche environ 1 personne sur 4 000, soit plus de 1,5 million de personnes dans le monde[2]. Il n’existe actuellement aucun traitement approuvé pour la plupart des personnes atteintes de RP.
Le résumé de l’article, intitulé « Optogenetic Therapy for Restoring Aspects of Visual Function », est disponible via ce lien. L’accès à l’article complet nécessite la création d’un compte.
[1] GS030 n’a obtenu d’autorisation de mise sur le marché dans aucun pays.
[2] Suleman N. Current understanding on Retinitis Pigmentosa: a literature review. Front Ophthalmol. 2025;5:1600283 (DOI:10.3389/fopht.2025.1600283)
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